Cleveland contre Wall Street: la crise au cinéma

par Lisa le août 19, 2010

Primé à la Quinzaine des réalisateurs, Cleveland contre Wall Street, le film de Jean-Stéphane Bron sorti en France ce mercredi revient sur la crise des subprimes. Alors que ni les Etats Unis ni le monde, ne se remet de la crise qui sévit depuis 2007, le documentaire du réalisateur suisse porte à l’écran un procès qui n’aura jamais lieu.

Source:Sagaproduction.ch/cleveland/

Source:Sagaproduction.ch/cleveland/

En effet, la ville de Cleveland a voulu intenter un procès à 21 grandes compagnies de la finance américaine, sans succès. Entre les expulsions et les agissements banques qui ont mené à la crise immobilière, le lien était point trop évident pour le juge qui a ainsi une porte de secours en or aux banques concernées.

Des protagonistes bien réels

Jean-Stéphane a choisit de faire tourner les habitants de Cleveland, ceux qui ont tout perdu. Ils jouent ici les jurés, accusés et plaignants. Ils viennent là exorciser l’enjeu du procès : les subprimes. Ces prêts immobiliers aux intérêts variables destinés aux clients les plus risqués, soit ceux qui rêvent d’acheter une maison mais qui ne sont pas vraiment capables de faire face à la dépense. S’il y avait eu que les habitants de Cleveland, l’histoire en serait peut-être restée là.

Mais la vocation du cinéaste est de faire comprendre, comprendre les mécanismes des subprimes, comprendre l’incidence d’un phénomène planétaire sur une petite communauté. Du capitalisme abstrait à une famille qui perd sa maison, Jean-Stéphane Bron a choisit de jouer la carte de la représentation, ce qui est particulièrement aisé au cinéma. On se rappelle ainsi l’hargneuse Erin Borkovitch qui n’hésita pas à se frotter aux plus puissants. En allant à Cleveland, il a rencontré Josh Cohen l’avocat qui représentait la ville.

Une ville en cendres

Le choix de Cleveland est loin d’être anodin. Au cœur de la Rust Belt, symbole industriel, la ville est désormais le symbole de la crise immobilière. Les dégâts se chiffrent à des millions de dollars, certains quartiers presque désaffectés comme celui de Slavic Village, autrefois quartier noir et ouvrier, aujourd’hui surnommé « Ground Zero » par les habitants. Dans cette ville où la police ne se rend plus dans certains quartiers, l’action locale prend un sens nouveau, les populations désirent agir à cette petite échelle, à la portée de telephone residentiel. Nombre d’habitants sont impliqués dans la poursuite des banques, nuit et jour, notamment dans le cadre de l’ESOP, organisation autrefois locale qui a désormais une envergure nationale.

Barbabra Anderson est un des personnages principaux du film. Son parcours illustre bien celui de million d’américains. Suite à des difficultés financières, elle s’est vue devoir emprunter et c’est alors qu’elle achète un prêt à taux variable qu’elle est rapidement incapable de payer. Menace de saisie, elle s’engage dans le combat contre le système. Mais, dans la même situation qu’elle, ses voisins quittent peu à peu le quartier, plus personne n’étant capable de payer les intérêts. Barbara Anderson continue de lancer des alarmes et fonde une cellule militante chargée de l’entretien de son quartier afin de ne pas le laisser aux mains des gangs ? Militante au sein de L’Empowerinf and Strengthening Ohio’s people, elle préconise, comme son organisation, l’action directe pour forcer les banques et les propriétaires immobiliers à négocier.

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veteran lawyer 11.10.11 at 20:12

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