La Chine joue-t-elle avec le feu?

La Chine serait-elle un mauvais élève? A force de manipuler sa monnaie, le Yuan, la Chine continue de se mettre à dos la plupart des pays à forte économie, les États-Unis en tête. Et les pressions internationales ont beau se faire de plus en plus forte, la Chine n’a pas l’intention de céder.

Cette manipulation monétaire fait grincer les plus hautes autorités financières américaines. Et pour cause, la monnaie chinoise coûte plus de 200 Milliards de dollars par an à l’économie américaine ayant pour conséquences un fort ralentissement de sa croissance et une hausse significative du chômage. Pékin utilise la manipulation monétaire pour maintenir la valeur de sa monnaie à un prix artificiellement bas, ce qui rend beaucoup moins cher ses exportations et plus cher ses importations. Cette manipulation de devises maintient le Yuan, également connu comme le Renminbi, à une valeur sous-évaluée de près de 40% par rapport au dollar américain.

Bien évidemment, la Chine nie avec véhémence par le biais de son Premier Ministre Wen Jiabao. Mais les preuves sont là et la pression sur la monnaie chinoise se multiplie jour après jour. Le FMI et la Banque Mondiale ont d’ailleurs rappelé à l’ordre Pékin et lui ont demandé de réévaluer son yuan. Et c’est Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, qui a haussé le ton en déclarant que « le yuan chinois était très sous-évalué ».

Il a également déclaré devant le Parlement Européen : « Il est inévitable que dans certains cas, les taux de change devront s’apprécier ». Selon lui, « il est logique que le Renminbi s’apprécie afin de rééquilibrer l’économie mondiale, ce qui signifie que Pékin devra davantage se concentrer sur sa croissance intérieure ». Quant à la Banque Mondiale, elle a recommandé à Pékin de laisser le Yuan s’apprécier pour « contenir les pressions inflationnistes ».

Mardi dernier, une proposition de loi a été déposée par des sénateurs américains, une loi qui viserait implicitement la Chine puisqu’elle a pour but de pénaliser la manipulations des cours monétaires.

Pour rappel, le président américain Barack Obama avait déjà donné le ton la semaine passée : « Si la Chine évoluait vers un taux de change plus conforme au marché, cela constituerait une contribution importante aux efforts mondiaux de rééquilibrage ». Mais la Chine ne compte pas se laisser amadouer par les pressions internationales et a réaffirmé qu’elle ne toucherait en aucun cas au Yuan, tout ça dans l’intérêt du pays. Des tensions qui risquent encore de refroidir les relations entre la Chine et les Etats-Unis. Que dirait Marcelle Ferron si elle était encore là…

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