La Grèce hors de la zone Euro ?

par Lisa le mars 12, 2010

Le récent séisme qui a ébranlé l’Europe commence à faire agiter les pires craintes parmi les Euro-addicts. Pour Roland Hureaux, la Grèce n’aura d’autres solutions que de se sortir de la zone Euro pour se sortir de la crise sans précédent qu’elle traverse.

Explications. La première des solutions serait que l’Europe garantisse cette dette grecque comme sienne. Elle serait alors une dette européenne alors que la Grèce n’a pas contracté tous ces déficits avec l’accord de l’UE, bien au contraire, une bonne partie n’étant pas transparente aux yeux des institutions financières. Une telle attitude taxerait de laxisme l’Union européenne et alors ce cas faisant école, ce serait l’acceptation des faillites des pays plus faibles qui deviendrait une pratique commune et ce serait les citoyens allemands, belges ou français qui essuieraient les conséquences de ces faillites.

La Grèce, talon d'Achille de l'Europe?

Une seconde solution serait la hausse des transferts financiers de l’Europe (on parle de Bruxelles ici) en direction de la Grèce. Si l’aide budgétaire n’est pas autorisée, augmenter les aides régionales serait, en revanche, envisageable. Pour autant, ce n’est pas une solution réalisable pour les mêmes raisons : l’Allemagne s’y opposerait et c’est une situation qui n’est pas en passe de se régler, avec à la clé l’assistanat financier de la Grèce et des pays qui demanderont le même traitement.

La solidarité européenne a ainsi des limites. Cette limite financière est d’ailleurs estimée à hauteur de 10% par Laurent Davezies, soit une incidence négligeable sur les dévastations causées par l’euro sur les économies les plus fragiles.

Opter pour la déflation?

La troisième solution pour éviter la plongée sous marine de la Grèce serait d’imiter le gouvernement français de Laval en 1934 en imposant un plan de déflation similaire. Soit réduction du nombre des fonctionnaires et des salaires, réduction du montant des retraites, coupures dans les dépenses publiques… soit tout bonnement l’inverse des mesures prévues par le gouvernement Papandréou. Certes, un tel plan n’aurait que peu de chances d’aboutir étant donné la tendance à la rébellion de la population grecque, et puis ce ne serait qu’un caillou dans la mare avec les 5 ou 10% offert par cette solution contre les 30% nécessaires.

C’est alors que la sortie de l’euro apparaît : pour atteindre une telle déflation, c’est dévaluer qu’il faut afin de parvenir à rééquilibrer le budget, tout du moins les comptes extérieurs dans un premier temps. On compte alors sur le fait qu’une fois dévaluée, la Grèce devient un paradis pour touristes et que l’apport de leurs ressources soit une manne pour l’économie grecque. Mais, la Grèce sera alors belle est bien sortie de la zone euro…

Que peut on pronostiquer? Une baisse de l’euro en réaction à la sortie de la Grèce? On peut en douter, du fait de l’irrationalité des marchés. S’ils étaient rationnels, alors l’économie connaîtrait alors une embellie bien appréciée. Pour autant, sur le plan financier, une fois la Grèce croquée, il y a peu de doute que la spéculation s’attaque à aux économies faiblardes de l’Espagne ou de l’Italie qui connaitrait alors le même cercle infernal que la Grèce.

Toutes ces questions de faiblesses cumulées mettent en doute la fiabilité de la notion même d’Europe. La chute de l’Europe économique et financière n’augure que peu de bon pour la viabilité du marché unique et donc de cette Europe politique qui est loin d’être affermie sur ses positions. Après le naufrage grec, une houle menaçante s’attaque au navire Europe.

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